Ha ! Cruelle...

...déception. (Non, pas de scoop de râteau lesbien, allez donc voir là-bas plutôt)

Trêve d'égocentrisme blogueur, parlons de choses sérieuses, comme d'expos XIXe par exemple (monomanique ? moi ? nooooon).
Mes dernières expériences Orsay-iennes m'avaient ravie, souvenez-vous donc. Autant vous le dire tout de suite, je n'y suis pas retournée pleine d'autant d'entrain, les sujets de la nouvelle « fournée » ne m'emballant que moyennenement.
Las, la visite de Voir l'Italie et mourir et ses compagnes (Italiennes modèles et L'Italie des architectes) et d'Oublier Rodin (avec sa petite sœur, la mieux de toutes sans doute, Dessins de sculptures) m'a laissé un arrière-goût fade, voire... pas d'arrière-goût du tout.

La suite italienne, si vous n'avez pas visité le pays, se résume à une série de cartes postales ou de vues de Rome, de Naples, de Plaisance. Donc oui, les vieilles photos, c'est beau (particulièrement les difficilement exposables daguerréotypes), oui les peintres sont TOUS passés par l'Italie (semblerait-il), connus ou pas, quelle que soit leur nationalité, oui, quand même l'Italie, quelle source d'inspiration. Mais alors, pendant une dizaine de salles, ça tourne vite à l'ennui, soyons franc. Je rattraperais peut-être la partie architecture car malgré mon peu d'attachement à ce domaine, je trouve toujours les dessins d'archi d'une beauté sans borne.

Quant à Rodin, ben... C'est froid, monotone, sans vie. D'accord, il y a le plus beau rouge qui soit sur les cimaises, et la plupart des œuvres sont très belles et exposées très convenablement. Mais honnêtement, les titres des parties sont à la limite de l'incompréhension par rapport au contenu (« volumes », « lignes»), Rodin est perdu (vous me direz : évidemment puisqu'il est question de l'oublier - mais alors, pourquoi mettre des œuvres de lui ça et là ? pourquoi ne pas expliciter les ruptures face à l'art du maître ?). Certes, la salle des figures en pied est ouahou (ha, la Pénélope de Bourdelle), mais ce que j'ai surtout compris des pièces exposées c'est : les têtes avec les têtes, les bustes avec les bustes, les en pied avec les en pied, etc. On a connu plus problématisé.
Et puis bon (mais ça c'est plus contestable), à mon sens, l'expo aurait tout aussi bien pu, sans le rattachement à Rodin, se trouver à Pompidou, au vu des dates des œuvres exposées. J'ai bien conscience cela dit que l'ouverture à la fin du XIXe et à la « modernité » du XXe est importante et à la mode (je ne suis pas encore tout à fait sûre de ma position sur ce thème).

Dommage, donc.

Á noter cependant que les œuvres récoltées par Orsay lors de la vente Bergé-YSL sont exposées, loin, à-bas au fond à droite, 1er étage, dans une salle grise assez ingrate, mais qui permet de bien voir la sublime tapisserie de Burne-Jones.

(Rien à voir, mais allez voir Good Morning England, très bonne musique, humour anglais et bouffée d'air marin garantis !)

Les saintes Quadrinités

Malgré leur statut de « passage obligé » selon Pussy qui a pour origine celle-ci, les chaînes sont très rares ici. Mais en ces temps de difficulté d'inspiration et de motivation, voici l'occasion de revenir aux racines du blog : moi, ma vie, mon œuvre.


Quatre jobs que j’aurais aimé exercer

- « Infirmière-religieuse de marine », c'était mon inclination première. Et oui, avant de partir en live vers « photographe-archéologue » et autres joyeusetés présentes, j'avais une vocation religieuse et altruiste.
- Pilote d'avion de chasse. Non pas pour rencontrer Tom Cruise (entre nabots on se serait entendu, mais je n'ai vu Top Gun qu'il y a quelques mois, alors...). Avant que mon père, qui avait eu la même illusion, m'ôte rapidement tout espoir avec un « trop petite, à binocles ». Tant pis donc.
- Artiste. Pas de bol, je n'ai aucun don, je ne dessine qu'en cours (et encore, maintenant, je joue au Mahjong, il faut vivre avec son temps), j'ai arrêté la clarinette il y a bien longtemps, je suis aussi souple qu'une armoire normande, je n'ai aucun style et je chante faux.
- Chercheuse en arts décos du XIXe. Si seulement ce job se résumait à chercher des trucs et à être payée convenablement pour. Dommage.

Quatre films que je connais par cœur

- Plein de Disney, dont particulièrement Alice au pays des merveilles et Aladin.
- Monty Python Sacré Graal.
- The Rocky Horror Picture Show.
- Peau d'âne, celui avec la Deneuve et le Marais.
(yen a d'autres, mais je cite le top)

Quatre livres préférés

Ah ça c'est dur.
- Les Chants de Maldoror de Lautréamont : glauque, magnifiquement écrit et cruel à souhait, j'adore.
- Lorenzaccio de Musset, car j'ai beau dire ne pas être romantique, je dois avoir un fond, quand même quelque part.
- Á Rebours de Huymans : décadent, somptueux et misanthrope à mort.
- La Contrebasse de Süskind, parce qu'il rend tellement bien l'humeur instrumentiste.
(Je me rends compte qu'il y a beaucoup de XIXe : mais rassurez-vous, je ne lis pas que ça !)

Quatre émissions ou séries

Ah, là, je pêche par manque plutôt que par excès...
- South Park, découvert sur le tard (merci Game One), mais adopté, un peu moins inégal que les Simpson (et tout le monde aime détester Cartman).
- Tracks sur Arte, j'ai découvert plein de trucs avec cette émission, dommage qu'elle passe si tard.
- Friends, que j'aime moins maintenant, mais qui m'a occupé de loooooongues heures au collège (en VO s'il vous plaît).
- X-Files, parce que ça fait peur, quand même et que de toute façon, tout le monde sait que le gouvernement nous cache des choses.

Quatre endroits où j’aime passer les vacances

- « Á la bibliothèque de l'école du Louvre » ? Haha.
- En Bretagne. Parce que c'est beau, la Bretagne, encore plus quand il y a du vent, pas trop de soleil, voire un peu de pluie et que la mer se démonte.
- Á l'étranger, parce rien ne dépayse plus.
- N'importe où avec mes amis, j'aime bien partir en vacances entre potes, c'est très agréable de les voir ailleurs que dans un cadre quotidien.

Quatre sites Web à conseiller

Qui remplacent ceux que je visite quotidiennement.
- Les 400 culs, un discours sur le sexe intelligent, mais pas intello, décomplexé mais réfléchi.
- Tout le monde les connait, mais on ne sait jamais : Boulet et QC.
- La Tribune de l'art. Oué, je suis une fille sérieuse. Il est à mixer avec des sources plus « conventionnelles » pour éviter de virer parano, mais il le mérite d'introduire un discours un peu moins propre dans un monde de la critique patrimoniale qui me semble l'être un peu trop parfois.
- Wikipedia, qui donne des pouvoirs cosmiques phénoménaux !!!

Quatre plats que je ne mangerai jamais

Étrange question.
- La Tartatout. Non, vous ne voulez pas savoir la recette, et par charité, je ne citerais pas le cuisinier (qui ne me lit pas de toute façon, je crois).
- La mangue crue sans aucune préparation.
- Le lait périmé. Oui je sais, ça ne se mange pas vraiment, mais étant une grosse buveuse de lait, ça m'arrive de temps en temps. Je déteste ça.
... Je ne suis pas très difficile sur le plan nourriture donc je vais m'arrêter là.

Quatre plats que j’adore

- Les Baked Potatoes au haggis végétarien. Edimbourg. Pussychou, tu montes une boutique d'import quand tu veux.
- Le porridge.
- Les Nurnberger (petites saucisses de Nuremberg) avec une Knödel (sorte de grosse boule de patate au pain), avec une blanche.
- Les sushis et les ramen, la bouffe japonaise, voire asiatique en général.
Que du léger.

Quatre endroits où j’aimerais être en ce moment

Je suis plutôt bien, là, à écouter les Lundis de l'histoire devant mon ordi avec une tasse de thé, mais bon :
- Dans la chambre de la Récamier, pour savoir quelle était vraiment la couleur de ses tentures.
- Dans mon lit. On est toujours mieux là. (mais j'y travaille très mal)
- Sur une plage en Bretagne, donc.
- En train de discuter en buvant du thé ou un truc comme ça, tranquille, dans un des cafés fort sympathiques de Rennes qui n'existent plus mais qui ont fait mes heures de perm au lycée.

Quatre personnalités actuelles ou du passé que j’aimerais rencontrer

Je ne sais pas. J'aurais peur d'être déçue je crois, mais bon, j'hasarde tout de même :
- Caligula, pour savoir s'il était aussi fun que ça.
- Madame de Pompadour, qui me donne une impression de classe et de culture, que j'aimerais savoir justifiée ou non.
- Sade.
- Blair, le personnage de Gossip Girl. Je m'en prendrais plein la tronche, mais quand même (et puis Chuck n'est jamais loin).

Quatre voeux pour l’année prochaine

- Le concours, le concours !
- Ce qui serait la conséquence du précédent : argent, relative tranquillité d'esprit, joie d'avoir une chance de faire le métier dont j'ai envie, et un peu plus de temps de cerveau disponible pour les choses moins frustrantes que la préparation d'un concours.
- Régler mon problème de pieds qui se quasimodent tout seuls.
- Me remettre à écouter de la musique, à aller à des concerts, à voir mes amis sans que mon inconscient culpabilise bêtement.

Quatre CD phares

Oui, ça manquait de musique, alors j'en ai rajouté.
- Les Variations Goldberg de Bach, par Glenn Gould (1981).
- BRMC, Take them on your Own, que je trouve suprêmement efficace.
- Pink Floyd, Dark Side of the Moon
- Mozart, Le Requiem ou la Flûte enchantée, au choix.
(Non je n'ai pas mis de Rammstein, je n'aurais pas su en choisir un seul)

Alors, pour passer le relai, ça va être difficile, mais je m'adresse à Stef, si elle peut en tirer quelque chose de patrimonial à tendance archivistique, même en détournant les questions, à Raoul2Caen (s'il me lit), et, vu la teneur un poil intello, à François et peut-être à Gilles aussi...

Le trouble du jour...



Merci, Princesse...

Les Allemands font des choses very kawai...



Des bonbons de Pâques ! Il faut savoir que c'est un lapin qui apporte les œufs en Allemagne. Dans ce petit paquet, il y avait donc des lapins, des œufs, et plus surprenant, un mouton et un canard...



Pour Pussy...

... et pour Nico !


J'espère bien que vous n'avez pas manqué les reportages sur Herculanum, la bataille de la Pyramide, la galerie d'Apollon et les Rembrandt du Louvre sur Arte ! (Vous pouvez revoir les deux premiers sur le site) C'est la journée "spécial Louvre" aujourd'hui sur cette chaîne, et ça dure jusque ce soir.

Vidéos et culture

Voici que je viens de découvrir CulturesTV, sur Dailymotion. Il s'agit d'un groupe qui « réunit les chaines Dailymotion des principaux musées et lieux culturels français. » Lancé tout récemment (le 26 mars dernier), il présente les vidéos entre autres du domaine de Chantilly, du musée du Luxembourg, du palais de Tokyo, du 104, du Grand Palais, du musée des Beaux-arts de Lyon (dont une sur l'Odalisque de Pradier, qui a le mérite de bien rendre la salle du musée), etc.
Je ne les ai pas encore toute regardées (il y a 40 vidéos à ce jour), mais cela me semble assez séduisant... En espérant bien sûr que l'on réussira à dépasser la vidéo "promotionnelle" comme une de celles de Chantilly, jolie, mais un peu touristique.
Le monde des musées arrive tant bien que mal à se faire une place dynamique sur la Toile (quand les conservateurs suivront-ils autant que ceux des bibs ou des archives ?)
A noter aussi, pendant que je suis dans le thèmes des vidéos et les musées, la chaîne YouTube du Met, avec le récent directeur, Tom Campbell, qui, après s'être présenté dans une vidéo, a visiblement décidé d'apparaitre de temps en temps pour présenter l'actu de son musée. Il est peut-être un peu raide pour le moment, mais c'est excellente idée, à mon humble avis !

Décidément

Sans pub aucune, avec de la plutôt (très) bonne musique, très variée, sans speaker(in) à la voix exaspérante... France Info en grève est décidément une des meilleures radios que je connaisse...
(Bon, il manque bien un flash info de temps en temps, mais après tout, c'est reposant.)

Le Louvre a 20 ans...

Enfin, le Grand Louvre et sa pyramide... Et donc, afin de fêter joyeusement cet événement, on pourrait faire une orgie sous la pyramide, une bataille de bouffe dans la salle du Manège ou jouer au bilboquet avec Mona.
Comme on est fun mais sérieux, on ne fera cependant rien de tout cela. En revanche, vous pourrez faire les moufs en déambulant tranquillement dans la grande galerie (là où il y a les peintures italiennes) en écoutant une suite de Bach au violoncelle, ou bien flâner au pied du Louvre médiéval sur fond jazzy. Comme en plus vous êtes des gens assoiffés de culture, vous pourrez mixer ces interludes musicales avec des entretiens "j'apprends plein de trucs grâce à ce gentil élève de l'école du Louvre" qui pourra vous renseigner jusqu'à plus soif sur le palais où, quand, comment, pourquoi ?
Et comme vous êtes des gens pressés et overbookés, ça se passe en 2 fois, en nocturne (demain, de 19h à 21h) et en week-end (samedi de 15h à 17h). C'est-y pas pratique ? Si je vous dis qu'en plus, c'est gratuit pour les jeunes jusque 26 ans (nocturne ET passage à la gratuité pour les 18-25 ans obligent), vous n'avez plus aucune raison pour ne pas venir*.

Plus de renseignements ici. Attention cependant, sur ce coup-là, les Jeunes n'ont pas la parole sur des oeuvres, contrairement à ce qui est indiqué, mais sur le musée.
Et ça tombe plutôt bien, car votre humble serviteuse sera à votre disposition dans l'ancien musée Charles X et celui-ci contient... des céramiques grecques et du fin-de-règne égyptien, alors... Mais l'histoire de ces pièces est passionnante ! Un mélange d'ancien, de très ancien et de nouveau !

* Comment ça "j'habite en province", comment ça "je suis en Écosse" ? Moi je me soucie de votre culture, et voilà que vous trouvez de mauvaises excuses ?

Découvrons ensemble... l'Alsace !

Cette semaine, ma séance de culture G régionale et patrimoniale hebdomadaire était consacrée à l'Alsace (ben oui, je commence par le début, c'est plus simple).
Je n'y ai jamais mis les pieds, mais je dois avouer que ce que j'en ai découvert m'a plutôt donné envie d'y aller.

Je pense d'abord qu'une petite visite à Strasbourg s'impose (en dehors des louanges sans cesse renouvelées que Nico me chante depuis qu'on se connaît). Entre le centre ville entièrement classé au patrimoine de l'humanité (depuis 1988) et la cathédrale de Strasbourg (la 2e plus haute de France après Rouen !) et son horloge astronomique du XVIe, il y a déjà de quoi motiver n'importe quel touriste culturel. Si vous ajoutez à cela, pour les XIXe-istes qui traînent, l'empreinte wilhelminienne sur la ville, trace de la présence allemande entre 1870 et 1914, c'est le pompon. Ya même une jolie bibliothèque, pour les fans (la 2e de France !)
Par ailleurs, je serais très curieuse de voir en vrai deux bâtiments contemporains : le parlement européen et ses airs de paquebot (est-il aussi réussi que les fotos le laissent croire ?) et le nouvel aménagement de la gare centrale, source de polémiques sans fin. D'époque Guillaume II (1883), elle a été recouverte tout récemment (merci le TGV est) d'une cloche de verre par Jean-Marie Duthilleul. Sauvegarde intelligente du bâtiment d'origine ou enlaidissement d'un patrimoine historique ?

Mulhouse ensuite, c'est le déluge de « things-to-know » : la Cité de l'automobile (le plus grand musée automobile du monde), le musée EDF Electropolis (un des plus importants d'Europe consacrées à l'énergie électrique), la Cité du train (le principal musée ferroviaire de France). Cependant, ce qui a le plus retenu mon attention est la réhabilitation du bâtiment de la Société alsacienne des constructions mécaniques en fac de sciences économiques, sociales et juridiques (article du Monde de 18-19 novembre 2007 ; le quartier abrite aussi les archives municipales...). Avec la crise, la politique de la « ville aux cent cheminées » concernant la reconversion de ses friches industrielles, visiblement ambitieuse au moment de l'écriture de cet article, est-elle toujours d'actualité ?

En-dehors de ces grandes agglomérations, le château du Haut-Koenigsburg (qui a fait du bruit en 2007 comme étant le premier bien transféré de l'État à un conseil régional) et le Mont-Sainte-Odile me font également envie... Et bien sûr les musées d'Unterlinden, du papier peint à Rixheim, et même, pourquoi pas, le Crac Alsace (Centre rhénan d'art contemporain) que nous avons vu en cours et qui m'a l'air plutôt intéressant.

En tout cas, cette première séance de découverte du patrimoine français depuis chez moi m'a montré à quel point internet pouvait être un très bon outil de documentation et de publicité. Les articles Wikipédia très fournis sur tous ces sujets et les quelques sites que j'ai trouvé plutôt bien fait (cf. infra) me semblent lourdement compter désormais dans les politiques de communication culturelles (à quand un Twitter Alsace ?).

Quelques sites que j'ai utilisé dans mes recherches :
Les sites regroupant plusieurs musées, possibilité intelligente pour des établissements qui quelquefois ne peuvent (veulent ?) avoir un petit site pour eux seuls : les musées d'Alsace, les musées de Strasbourg et les musées de Mulhouse. (Je pense que les musées de Paris, au lieu de rester enfermés dans le site assez bof de la Ville de Paris devraient s'en inspirer....)
L'Agence culturelle d'Alsace (qui travaille notamment avec le Frac).
Le site de la Drac quant à lui, hébergé par le site du ministère, est en renouvellement, donc... Á y remarquer tout de même les petits dossiers plus spécialisés, notamment sur les bâtiments classés par année.


Et pour finir, un Chassériau, Intérieur de harem (1854) du musée des Beaux-arts de Strasbourg.

"Il faudrait..."

Que je réponde au quintal de mails qui me fait des yeux de faon,
Que je rédige une note (voire 2 voire 3) sur mon escapade londonienne de la semaine dernière,
Et aussi sur une ou deux expos vues ici et là,
Et sur mes bonnes résolutions en matière de bougeage de fesses à prix de loyer,
Que j'appelle mes parents,
Que je fasse ma salle de bains et ma cuisine,
que je décide de la nocturne de ce soir,
Et je ne vous parle pas de la peinture anglaise, de la sculpture retour au style et des meubles Biedermeier...

Mais, je suis prise d'une de ces lassitudes... Je suis toujours vivante, mais je vous dis à plus tard.

Appel à contributions

Gentils lecteurs, me prêteriez- vous 7 millions d'euros ? C'est pour un Géricault totalement envoutant :


Portrait d'Alfred et Elisabeth de Dreux, v. 1816-1817, estimé à 4-6 millions.

Au pire, il y a toujours ce subjuguant ensemble de miroirs de Claude Lalanne (estimé à 700.000-1 million), dont je viens de voir qu'il y avait le candélabre assorti (une broutille : 25-30.000) :



Comme c'est la crise, je comprendrais cependant que vous vous contentiez de 40-60.000 euros pour un délicieux déjeuner chinois réticulé en porcelaine de Sèvres (VIP : Marie-Amélie avait presque le même !) :



En bref : la collection YSL-Bergé est ouah. A vous faire regretter de ne pas être riche.

Évitons la foule.

J'avais prévu, d'une manière très originale, de vous faire une jolie note sur Picasso et les maîtres que, comme 783.000 autres personnes, je me suis efforcée de voir et même de comprendre, ce qui grand parler sur cette exposition. Et puis finalement, au lieu de pointer les bizarreries et non-sens, équilibrés par les oh ! et les ah ! des chefs d'œuvre (parce que la Maja desnuda et l'Odalisque en grisaille quand même), je vais vous parler d'une autre exposition. Qui ne fera certainement pas autant d'entrées, ni autant de critiques de presse, ni autant parler d'elle.

Et c'est bien dommage, car L'étrange Monsieur Merson, au musée des Beaux-arts de Rennes, est une expo comme je les aime : claire (on sait où on va, d'où on vient), esthétiquement réussie (les murs rouges et la peinture XIXe, c'est comme un costume 3 pièces sur un homme, ça réussit à tous les coups), ni trop érudite, ni trop simplette, avec des œuvres que personnellement j'apprécie beaucoup. Bon certes, on peut toujours nuancer (l'emboîtement de la dernière salle où se trouve une mini-salle de projection est bof), mais l'essentiel est là.
J'avais déjà repéré la peinture de Luc-Olivier Merson (1846-1920) au palais des Beaux-Arts de Lille (qui possède quelques-unes de ses plus belles toiles, m'a-t-il semblé). Sa toile Vision notamment m'avait marquée, suscitant chez moi une réaction entre le grand sourire ironique et une certaine fascination technique. Mais force est d'avouer que les toiles de Merson correspondent très bien à la peinture fin de siècle, qu'elle soit religieuse ou non, avec tous ses excès et ses charmes. Le parcours de l'exposition découpe de manière simple la carrière du peintre en domaines chronologico-thématiques (formation, grands décors publics, grands décors privés, illustrations), regroupant des œuvres souvent très bien accrochées, de techniques diverses (peintures, dessins, études préparatoires, vitraux, etc.). La dernière partie, sur les illustrations d'ouvrages, est particulièrement charmante.
J'aime les expos qui « réhabilitent » (oui oui, utilisons les grands mots) la peinture dite académique du XIXe : Merson peint en même temps que les impressionnistes et les symbolistes...

Pour finir, il me faut mentionner que Merson est, pour le moment, le seul peintre que je connaisse qui a dessiné une allégorie de l'école des Chartes ! Elle devait faire partie du décor de la Sorbonne : assise dans une niche d'inspiration Renaissance, un coffret à ses pieds, elle regarde des parchemins d'où pendent moult sceaux. Je ne la trouve hélas pas sur internet, mais dès que possible, je tente de la mettre ici !

Donc si vous passez par Rennes, n'hésitez pas. En outre, le musée est en travaux suite au départ du musée de Bretagne, et la disposition du patio, très dépouillée, est très séduisante. Je n'ai pas eu le temps de voir le nouveau département archéologique, en revanche.

L'étrange Monsieur Merson, jusqu'au 8 mars 2009, au musée des Beaux-Arts de Rennes.
Dossier de presse

Réflexion faite...

Á force de porter du noir et ma combi jeans-baskets pourries-écharpe H&M-manteau qui ne ressemble plus à rien mais qui passe partout, je me retrouve à manquer cruellement de fantaisie et de caractère vestimentairement stylé. Du coup, j'ai envie de ça, le manteau plus particulièrement (chez le Facehunter).

De la réinterprétation

Je ne m'attendais pas à grand-chose étant donné que je n'en avais absolument pas entendu parler. Pourtant, Le Bon, la Brute et le Cinglé, film coréen deKim Jee-Won, choisi ce matin pour son titre, est une excellente surprise.
J'aime beaucoup Le Bon, la Brute et le Truand (avec Clint "Yummi" Eastwood). Et cette version coréenne est une sorte de réinterprétation très réussie, qui se situe (environ) dans la Corée et la Mandchourie du premier tiers du XXe siècle. Ça commence comme une redite asiatique de l'original, et puis ça part en live n'importe-quoitesque à base de situation politique historique et d'interminables bagarres (filmées par un cadreur épileptique qui exploite à fond sa caméra), le tout dans des couleurs saturées et une ambiance assez absurde, il faut bien le dire. On reste toujours beaucoup dans les clins d'œil à la version de 1966, mais sans pasticher, c'est surprenant.
On passe un très bon moment, dépaysant, surtout que pour le plaisir des yeux, il y a Lee Byung-Sun (La Brute) qui est d'un grou absolu (de l'intérêt du trois-pièces à rayures-chemise blanche, tout de même).

Air béat.

Ouééééé !
Il neeeeeeeeige !
PLEIN !
SANS S'ARRÊTER !
Ouééééééé !
Bonne annééééééééeee !


La cour de mon immeuble en ce moment même.
Et oui, c'est magique, la neige.

Signe distinctif

Les tatouages et les cicatrices, c'est pour les loosers.

Moi, j'ai un grain de beauté sur le nerf optique gauche.