Parfum de scandale, 1942

Je sors de l'expo "Des Parisiens sous l'Occupation", qui se termine aujourd'hui, à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. J'ai un peu tardé pour aller voir ce qui a été, me semble-t-il, un des gros débats de ces derniers mois en terme d'événement culturel parisien, car la polémique m'a fatiguée. Mais bon, en même temps, me suis-je dit, autant juger sur pièce (et en plus, c'est à 5 min de chez toi, bouge-toi le cul).

J'en suis sortie un peu déçue, et toujours aussi fatiguée par le débat. Pour ceux qui seraient passé à côté, il s'agit de photos prise par Zucca pour la revue Signal, une revue propagandiste nazie. L'expo était (et reste, quelque part) quasi totalement dépourvue d'explications relatives au contexte de ces photographies, ce qui a ému (jusqu'à une très exagérée demande de fermeture de la part d'un adjoint à la culture).
Ce qui me choque, c'est qu'on prenne des gens pour des incultes qui ne savent pas ce qu'a été la période de l'occupation. Ces fotos montrent certes un Paris des années 40, avec ses jardins, sa rue de Rivoli (aux pavillons nazis, tout de même, difficiles à louper), ses marchands à la sauvette, ses bricolages de fortune (chaussures, voitures, déménagement). Les militaires ne sont pas absents, de même que l'étoile jaune, vue sur une seule foto, d'accord, mais c'est le genre de chose assez forte pour ne pas passer inaperçue. La polémique me semble donc toujours surfaite.

Ce qui m'a fait tiquer, c'est la qualité de l'expo. Oui, Zucca prend des photos en couleur (assez novateur sur le plan technique), oui il s'agit d'une période particulière. Mais il me semble que le choix du parti de l'expo n'est pas assez clair. N'aurait-il pas valu choisir entre une expo présentant des fotos pour leurs qualités esthétiques ou pour leurs qualités documentaires ? On se retrouve avec un mélange de clichés, certains très beaux, d'autres totalement banals, certains intéressants pour la période, d'autres non. Alors c'est rigolo, on voit l'Opéra Garnier avant sa restauration, les élégantes à Longchamps version 1940s, tous les programmes de ciné de l'époque qui défilent devant nos yeux, accompagnés des affiches de propagande du STO, mais avec des explications vraiment légères (voire absentes). Si l'expo a un but documentaire, pour le coup, les clichés ne sont pas assez documentés pour qu'on les prenne comme tels, malgré les rajouts rédigés par Azéma ; et en même temps, certains sont tellement inintéressants esthétiquement qu'on ne peut réduire le sujet au talent de Zucca.

Ce qui a tendance à me conforter dans l'opinion que vraiment, des fois, on fait beaucoup de bruit pour rien... (ou pas grand-chose)

On aura beau dire...

Cette année de prépa aura eu malgré tout quelques avantages. Dont celui qui, j'espère, me sera utile de m'avoir fait connaître plus profondément l'art du XIXe siècle. "Rha voilà, elle va encore nous soûler avec ses pompiers et ses impressionnistes" vous dites-vous. Mé non, enfin pas trop.

Je vous ai déjà fait un blabla sur Whistler, donc je n'y passerai pas un temps démesuré. Mais là, je suis le nez dans le catalogue de l'expo de 1995 à la Tate-Orsay-Washington, qui m'apprend une foule de trucs qui me ravissent, alors je me sens obligée de vous communiquer mon ébahissement répété, voyez.

Ce catalogue débute par deux articles de Richard Dorment (que je ne connais pas) admirablement écrits, clairs, agréables, informatifs sans être bourratifs, qui font passer les suivants. J'y ai notamment appris que Whistler, après avoir appris à Paris la peinture "à la française" (juxtaposition de couches de peinture opaques, comme les peintures à numéros de notre enfance), a changé, vers les années 1860, pour pratiquer une peinture "à l'anglaise".
Si vous êtes comme moi (mais moi c'est mal), vous ignoriez que la spécialité picturale des Anglais est l'aquarelle. Et par extension, qu'ils ont développé une technique de peinture à l'huile très diluée fonctionnant comme une aquarelle, technique que Whistler a poussé à l'extrême. En gros, il part d'une couleur foncée étalée sur toute la toile, de manière à ce que celle-ci la boive, comme une teinture. Puis il rajoute, par couches superposées, des tons de plus en plus clairs par dessus. Dans le tableau ci-dessous par exemple, on peut voir cette couche plus sombre dans le pont, le reste (ciel, eau, barque) est rajouté autour.


Nocturne en bleu et or, 1872-1877, Tate.

C'est peut-être idiot, mais cette façon de faire me fascine, je la trouve très dépaysante face à la peinture telle qu'on a l'habitude de l'imaginer. Ajoutez à cela une sympathie à un peintre qui crée les cadres deses toiles*, et la poésie de ses titres (Nocturne en bleu et argent, Symphonie en blanc, Brun et or), et voilà une après-midi de travail comme on aimerait en avoir plus souvent...

* L'article sur les socles et les cadres ne quitte pas l'état de brouillon, mais j'ai bon espoir que ça change un jour.

Dans l'air : Kwoon, et le parfum des lys (roses).

Faut pas plaisanter avec la sécurité.

Malgré les apparences, je suis toujours fermement vivante, mais décidément très à la bourre sur mon programme d'histoire de l'art, ce qui explique mon absence ici-bas. Pourtant, je pourrais en avoir des trucs à vous raconter, hein, c'est pas le problème. Non, c'est juste que là, le Mazenod me fait : "Art nouveeeeeaaaaaauuuuu !" (il crie comme ça depuis 2 semaines, vous comprenez, l'ampleur de mon retard quoi).

Tout ça pour dire que j'avais prévu de vous raconter mon désappointement shoppingesque de ce matin, mais à la place, vous aurez le poids de Karl, le choc de la foto :



Déjà, d'habitude, je suis assez admirative de l'efficacité que peuvent avoir les pubs pour la sécurité routière. Alors là... O_o

Plaisir du matin, pas chagrin.



Sinon, la soirée d'hier (comme celle de samedi, celle où je me suis aperçue que la moitié de ma garde-robe était catégorisable en "déguisement") fut riche en émotion. Pour sauvegarder les anonymats, je en ferais que vous en citer les mots clés : 12e, duplex de ouf, vue de Paris de ouf, balcon de ouf, home cinema de ouf, Bibifoc, toilettes disco méga-tunnées (laser, miroir et lumière ultra-violette), Princess Bride, Viennetta, 2 chats (un gentil, un méchant, comme les flics dans les bons films).

Song of the day, movie of yesterday


'Tention, ça reste dans la tête...


Sinon, pour continuer dans la ligne de pouffe glitter, mais en plus vieille et moins gironde, hier, je suis allée voir Sex and the City au ciné. Hem. Je ne suis pas aussi négative que Pussychou d'amour, mais bon, que dire ? Heureusement, on avait une salle très réactive et assez enthousiaste (je n'aurais pas applaudi à la fin, tout de même). Le film est plutôt mièvre, quelques scènes rattrapent le tout, heureusement, mais ça reste moins drôle que la série (et moins bien habillé, malgré tout). Et effectivement, elles ne vieillissent pas super bien, hein (sauf Charlotte, à la rigueur).

Le prochain, c'est JCVD. Aha ! Testostérone, me voici.

Rassurez-moi.

Il est 11h du matin, vous êtes rue Vieille du Temple, non loin du croisement avec la rue des Rosiers.

Une jeune fille se fait mettre un grand coup de pied dans l'aine par une autre fille, à l'air vraisemblablement alcoolique et aux chaussures coquées.

Dites-moi que vous êtes des gens biens et que vous faites quelque chose. (je ne parle pas d'appeler Iron Man mais au moins de demander à la frappée si ça va...)

Cricrac

Juste en passant, pour signaler qu'Esther a réouvert son blog La Lanterne brisée. Je l'avais découvert au cours de mes premiers pas dans la blogosphère, et l'avais suivi avec un grand plaisir. Elle l'avait mis en pause pour des raisons personnelles, mais ça y est, elle est reviendue !

"Ex ta tique..."


Hier, j'étais au concert de Einstürzende Neubauten. C'était bien. Mieux même. Heureusement qu'au bout de 3 chansons, ils ont arrêté d'être sidérants pour être juste tops, sinon, je me demande comment j'aurais pu tenir.
Je me suis rendue compte à quel point on manque tout un pan de leur musique quand on ne les a jamais vu en live. Particulièrement les 2 percussionnistes (les 2 plus petits sur la foto) et leurs instruments sortis du chantier d'à côté, desquels ils arrivent à tirer des trucs formidables. C'est également très impressionnant de voir comment le groupe, qui existe depuis 1980, réussit à garder sa créativité et une capacité d'improvisation scotschante.
En bref: whouahouh.

Et oui, Blixa est infâme (celui dont la coupe de cheveux est hu originale, sur la foto). Génial, mais réellement infâme. Je pense limite qu'il bat Schneider (batteur de Rammstein connut pour son manque d'amabilité légendaire) à ce jeu, c'est dire. Mais il a quand même bien pris du "Bierbauch"...

Et non, malgré tout ce que semblaient penser nos voisins, la première partie (dont je n'arrive pas à trouver le nom, dommage) était abominable. Ah oui oui, je prends position, et elle est ferme et définitive.

De la compensation du mauvais champagne.

Le 4 avril dernier avait lieu sur le site Richelieu de la BnF LE grand événement mondain organisé par le BDE de l'Ecole des chartes : le Bal.
De la commune opinion, ce ne fut pas une grande année : champagne pas terrible, cher (30e la bouteille contre 15 l'an dernier) et trop rare, alcools médiocres, macarons à la limite de l'absence (heureusement que j'avais de gentils amis pour m'en attraper au passage), tout comme le buffet dans son ensemble d'ailleurs (pourtant, dans le peu qu'on en a vu, il y avait de bonnes idées, dommage), et l'étrange impression d'un "bal dans un couloir".

Fort heureusement, le bal s'accompagnait comme d'habitude d'une tombola où l'on pouvait se révéler être l'heureux bénéficiaire d'un voyage ou le non moins heureux nouveau propriétaire d'une paire de Cauchard tout beaux tout neutres (hein, Maxou ?). Pour ma part, encouragée sans doute par le bal de première année où j'avais gagné 2 entrées pour Vaux-le-Vicomte, hop, j'ai acheté 2 tickets. Dont l'un s'est révélé gagnant. Whou ! Fête !

N'étant allée chercher mon lot que récemment, je les livre à vos yeux ébahis, parce que quand même, ça vaut le coup. Ledit lot consistait en un ensemble d'objet de la boutique des Musées de France, ça part bien... Voyons voir :


Ooooh ! Des bijoux ! Et pas n'importe lesquels, s'il vous plaît : le magnifique collier est la reproduction de celui que porte Marie de Bourgogne sur le portrait conservé au musée Condé à Chantilly, et la sublime broche est inspirée des grilles de Vaux-le-Vicomte (décidément), avec le chiffre de Nicolas Fouquet !



Re-Oooooooh ! Un sac en moumoute ! Totalement Musées de France, ça ! Je suppose donc, en l'absence d'explication, que le G (avec profil et strass) est celui de Gaston d'Orléans, ce doit être une reproduction de son sac à main !

Z'êtes jaloux, hein ? Et moi, je suis une femme comblée...

La plus belle région de France (trémolos)



Cette semaine, retour en mes douces pénates bretonnes, chez popa-moman, et aussi chez papi, loin, là-bas tout au bout, au fin fond du Léon.
Je vous le fais bref :

- dialogues est, et visiblement restera, la meilleure librairie que je connaisse. C'est grand, clair, aéré, ya des fauteuils, plein de super bouquins vachement bien présentés et un café. Autant vous dire que Gibert, à côté, hein, laissez-moi rire. Nous nous en sommes tirées pour un peu moins de 200e à deux, avec ma chère mère, raisonnable, non ?

- "On" a beau dire que la Bretagne est un pays d'arriérés (ce que je conteste haut et fort, évidemment), les calvaires et enclos paroisiaux 100% "produits en Bretagne", ils imposent un certain respect. Au programme de ce matin : Saint-Thégonnec* **, son ossuaire, son calvaire, son enclos et son église toute peinte de partout. L'Eglise savait en mettre plein la vue, à ce moment, ma bonne dame.


* Oui c'est en Comic sans MS. Personne n'est parfait.
** Et oui, personne (même ici) n'appelle plus son gamin Thégonnec, ni Agathon (Saint-Agathon, commune des Côtes-d'Armor). C'est bien dommage, on savait s'amuser, alors.

Trucs et instants dramatiques

La journée d'hier (contrairement à ce que va être celle d'aujourd'hui, j'ai l'impression*), a été plutôt sympa, comme on les aime.

Hop, hop, début de la journée, jogging. Et là, que vois-je ? Des canards. Dans la Seine. Des canards vivants ! Je n'imaginais pas qu'un être puisse vivre là dedans. Et ben si. Yen avait même un qui plongeait, c'est vous dire.
Bon ensuite, au lavo, il ne s'est rien passé (à part qu'un bas a résisté au lavage à 80°, ça ne file dans que dans les chaussures au mauvais moment). De toute façon, je m'étais déjà payé la honte dimanche en demandant du pain et des bagels chez Finkelsztajn de la rue des rosiers ("Ah mais non, c'est les fêtes, on ne mange pas de pain ! Jusqu'au 28..." C'est la Pessah ?).

OG nous a fait visiter son expo à Orsay ("Le décorateur et l'amateur d'art", jusqu'au 4 mai), que je vous conseille au combien tellement les dessins sont à tomber par terre, il y en a pour tout les goûts : pompéien, Louis XV, Rothschild, fantastique, Art nouveau, Sécession viennoise, Frank Lloyd Wright. Et faites donc l'expo Gimpel qui est à côté dans la foulée, c'est l'occasion de voir le Paris de la fin du XIXe en couleurs, ce qui me fascine toujours (et en ce temps-là, on savait faire des expos dans la grande nef du grand Palais, madame, c'était autre chose que la SNCF). Bref. C'est vraiment bien de se faire présenter une expo par son commissaire.

En sortant, ce fut l'apogée. Mais apogée, genre ça ne t'arrive pas souvent : la grande aiguille de l'une des horloges du musée d'Orsay, côté Seine, menaçait de tomber ! C'est assez impossible à décrire, des fotos seront sans doute plus parlantes : , avec même un petit film pour vous montrer qu'elle bougeait bien. C'était très impressionnant. Bon, je dois avouer que nous (la Belle Brune, la Grande et moi) sommes reparties limite déçues : après 3/4h d'attente dans le froid et le vent, elle n'est même pas tombée. Les pompiers, ce sont des stars, surtout celui qui est resté à tenir l'aiguille, tout en haut de la grande échelle... brrr.

Après ça, comment voulez-vous que la fin de la journée tienne le choc ? Surtout quand 1. je fais mes comptes, la bouffe a bien augmenté, jusqu'à 20 cents pour certains produits depuis le mois de novembre, comme quoi, ce n'était pas une hallucination de mon caddy, gni. 2. Ma gentille maman m'informe diligemment que la cinq diffuse une émission sur Camille Claudel**. Claudel, on connaît : destin dramatique, grande passion, don extraordinaire, etc. Mais tout de même, elle méritait mieux que ce docu mièvre, mélo et inconsistant, avec des œuvres (toujours les mêmes d'ailleurs) mal filmées. Le summum de l'émission : faire suivre l'interview de Reine-Marie Paris (petite-fille du frère de Camille, Paul Claudel le poète) où l'on répète à l'envi qu'il faut absolument remettre le génie de cette femme au jour et arrêter de seriner sa passion avec Rodin et ses 30 ans d'internement... mais finir en parlant d'une œuvre de Rodin et célébrant le talent de ce dernier. Bravo, quelle subtilité, clapclap.

Comment ça, ma vie et mon quotidien vous sont égaux*** ? Il se passe plein de trucs, pourtant, pour une fois !

* I.e. : ne vous abonnez pas à Body Minute, ne regardez pas le nouveau clip de Kylie, n'oubliez pas de mettre votre réveil quand vous voulez aller à une expo.
** Expo qui vient d'ouvrir au musée Rodin, je ferai une note féminine avec Marie d'Orléans au Louvre et Marie-Antoinette au Grand Palais.
*** Haha : égal ? égals ?

Rhaaaaa

STOOOOP ! Je veux des vacances ! Maintenant, pas samedi prochain !

*Ce post vous a été offert par l'association des Ponceuses en folie.*

Echappons-nous... vite

Retrouvé il y a peu (chez mon nouvel ami à titre informatif), il fallait que je vous mette ce clip fascinant de Cinema Bizarre, Escape to the Stars, qui utilise très subtilement un sample de Depeche Mode. Regardez-le jusqu'au bout, il n'y a rien à jeter, ils font une nique intégrale à Tokio Hotel sur ce coup-là.
Pour mon préféré, j'hésite entre le 2e chanteur gothic-vampire-petit-copain-du-1er-à-mitaines, et le guitariste qui louche. Et le vôtre ?

Parce qu'il ne faut jamais oublier le ukulélé...

Ce bon post de synthèse chez pHiLo... Et comme moi, devenez fan de l'orchestre officiel de ukulélé de Grande-Bretagne.

(Par ailleurs, si l'on en croit les blogs (ceux que je lis du moins), depuis quelques mois, c'est l'instrument d'une génération. ça se comprend, remarquez, c'est quand même méga-trolol, mais sérieusement bien en même temps.)

La comtesse de Castiglione

En travaillant mon Duby, j'ai trouvé ce court-métrage qui m'a séduit. Quelque part entre les photographies spiritistes du XIXe, celles que la comtesse de Castiglione mettait en scène d'elle-même, le Dracula de Coppola et un clip de Manson période Antéchrist...